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KIVIMETSAN DRUIDI interview


Parmi la bouillonnante scène métal finlandaise actuelle, un jeune groupe mélangeant heavy, black, folklore et métal symphonique tente d’émerger ses derniers temps avec sa musique entraînante et conceptuelle. Fort de plusieurs tournées dont une en Amérique du Nord l’an dernier, notre joyeuse bande de bardes nous présente déjà son second opus intitulé Betrayal, Justice, Revenge, basé sur un monde imaginaire et des hymnes épiques. Faisons connaissance sans plus attendre avec cette formation scandinave et son ambassadrice de charme, la chanteuse lyrique Leeni-Maria…

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[ENTRETIEN AVEC LEENI-MARIA HOVILA (CHANT) – PAR SEIGNEUR FRED – PHOTO : DR]

Peux-tu te présenter, toi ainsi que le groupe, et d’où êtes-vous originaire exactement en Finlande ?
Nous sommes Kivimetsän Druidi de Finlande, et nous jouons du « fantasy metal ». Le groupe est originaire de Kouvola bien que je voyage et vienne d’Helsinki ; notre bassiste lui vit à Mikkeli et ainsi de suite... mais Kouvola est la ville natale du groupe. Kouvola est située à une centaine de kilomètres de Helsinki. C’est une vaste agglomération de petites communautés jusque là indépendantes, capitale de la région de la Vallée de la Kymi, et cela inquiète d’ailleurs les gens charmants qui demeurent ici, à côté, avec leur culture très vivante locale.

Question classique mais ô combien utile pour nos lecteurs : peux-tu résumer l’histoire du groupe s’il-te-plaît ?
Kivimetsän Druidi a été formé en 2002 par Antti et Joni Koskinen. Le guitariste soliste, Antti Rinkinen (NDLR : un autre Antti, prénom courant en Finlande), a également été dans le groupe au début. On a sorti plusieurs démos et EP's entre 2002 et 2008, date à laquelle je suis arrivée dans la formation. Cet été-là, nous avons obtenu un contrat avec Century Media pour nos affaires en Europe avec notre manager et on a alors sorti notre premier album Shadowheart en septembre 2008. Le groupe a fait trois tournées principales, deux en Europe et une, la plus récente, aux Etats-Unis et au Canada en novembre dernier. Nous sortons à présent notre second album Betrayal, Justice, Revenge. Et là, on vient juste de faire un nouveau clip vidéo, le weekend précédent justement cette interview. Il s’agit du titre « Desolation : White Wolf », la dernière chanson qui figure sur ce nouvel album. C’est la même personne qui avait réalisé notre premier clip, « Jäässä Varttunut », qui l’a fait. Il s’appelle Coppersky.

Que signifie le nom du groupe : « Kivimetsän Druidi » et quel est le concept derrière ?
Cela signifie “Druide de la forêt de pierres”. C’est un personnage issu du monde dans lequel nos histoires prennent place.

Dans votre line-up, il y a donc deux frères : Joni Koskinen (guitares/growls) et Antti (claviers/chœurs). Quel est leur rôle précisément dans le groupe ?
Eh bien comme je te le disais, ils sont les fondateurs du groupe. Joni et Antti ont toujours été les principaux compositeurs et Joni est l’auteur des textes depuis le début donc, et le concept entier du groupe est leur idée. Ils composent toujours la plupart des chansons et Joni peint ce monde entier, appelé « Land of the Crystal Mountain » (NDLR : « La terre de la Montagne de Cristal »), dans lequel les histoires de nos chansons ont lieu.

Ce second album sort rapidement. Selon toi, quelles sont les principales différences entre le premier, Shadowheart, et ce nouveau disque ? L’avez-vous d’avantage préparé, ton chant lyrique féminin a-t’il été plus travaillé ? Comment avez-vous abordé les arrangements symphoniques et folkloriques ? Etait-ce rapide ?
Eh bien, tout est arrivé si vite en fait. Je n’ai pas vraiment eu le temps de m’arrêter pour penser à cela en fait. Je vais te citer à présent notre batteur Atte qui a l’habitude de dire les choses beaucoup plus franchement que moi : « Betrayal, Justice, Revenge est mieux joué, mieux chanté, mieux mixé et contient de bien meilleures chansons que sur Shadowheart ». Je pourrai de mon côté ajouter à cela divers points, disons tout d’abord au sujet des compositions. Shadowheart, qui est sorti il y a plus d’un an et demi maintenant, possédait plus de matériels issus des débuts du groupe, un espace de six ans durant lequel nous avons évolué musicalement, ce qui n’allait plus tout à fait avec l’ensemble par rapport à nos ambitions à l’époque. Bien que ces premières compositions étaient toujours les bases du groupe, il fallait les ré-enregistrer. Shadowheart est donc en quelque sorte un album compilation de nos débuts. Betrayal (…) est plus symphonique, possède de plus grandes orchestrations, nous n’utilisons pas vraiment de thèmes folkloriques, pas tant que ça dans notre « fantasy metal » bien que les mélodies sonnent folk, mais elles ne le sont pas, nous les colorons à notre manière tout du long… Betrayal (…) a de plus grands contrastes, est bien plus et mieux diversifié et je suis sûre, aussi sûre que l’Enfer existe, que je chante bien mieux que sur Shadowheart (rires). Les préparatifs ont été, comme toujours, en grande partie faits à la dernière minute bien que, évidemment, nous n’étions pas supposés nous presser !

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Il y a des morceaux et des passages véritablement black metal, que ce soit dans les riffs ou dans les chants, comme par exemple « Of Betrayal » que j’aime beaucoup. Chaque membre au sein de Kivimetsän Druidi apprécie-t’il ce genre musical ? Quelles sont vos racines en matière de métal extrême mais aussi de folklore ?
Si et quand le black metal est défini sur une base bien précise avec certains thèmes dans nos paroles, dans l’apparence et l’attitude, nous n’avons alors rien à voir avec cela, et il en est de même quasiment : nous n’avons rien à voir avec le folk metal, courant auquel nous sommes souvent assimilés, du fait que nous n’utilisons pas de folklore et de vie ou culture basée sur les traditions, pas plus que nous n’empruntons ou n’imitons les mélodies des chansons du métal folk actuel. Nous nous sentons tout de même plus proches des courants de métal extrême, néanmoins, musicalement. Graveyard Fun et Thyrane pourraient être des références dans ce cas. Alors, encore une fois, purement d’un point de vue musical, pas dans le sens idéologique. J’ai le sentiment que nous avons beaucoup plus de points communs avec, disons, Dimmu Borgir, qu’avec la scène folk. Et personnellement, Dimmu Borgir est l’un de mes groupes favoris.

Vous mélangez tout de même différents éléments dans votre musique : folk, viking, heavy/speed, black metal et opéra. Ce n’est pas trop difficile de composer de bonnes chansons, entraînantes, en combinant tout cela sans perdre le côté épique sur un même morceau, avec en plus son propre concept ?
Eh non ! Cela ne veut pas dire que pour tout, et là il faudrait demander aux garçons, nous sommes tous d’accord mais en général on essaie d’interroger tout le monde pour connaître l’avis de chacun. Mais les atmosphères épiques semblent plutôt en développement sur Betrayal qu’en retrait. Peut-être que la facilité trompe un peu les choses pour nous dans le fait que la combinaison des éléments se fait très naturellement, c’est très intuitif chez nous, nous ne pensons même pas vraiment à cela. Nous le faisons simplement, et cela survient assez facilement. Pas vrai les gars ? (rires) Cela semble être considérablement plus en avant et c’est ainsi…

Les scènes métal folk et symphonique sont importantes chez vous en Finlande de nos jours. Selon toi, quelle touche personnelle pensez-vous apporter avec votre musique dans ce milieu, et qu’est-ce qui différencie Kivimetsän Druidi des autres groupes populaires tels que Finntroll, Battlelore, Korpiklaani, Midnattsol, etc. ?
Nous sommes très différents de tous ces groupes, qui sont à leur tour différents les uns des autres. Si tu veux aller par là, toutes ces formations citées ci-dessus font des choses tout de même différentes en fait, et leurs musiques ne peuvent pas trop être véritablement comparées les unes aux autres. Je pense que notre touche personnelle, notre spécialité pour ainsi dire, réside réellement dans ce que tu as dit toi-même tout à l’heure quand tu m’as interrogé à propos du fait de composer nos chansons avec tant d’éléments différents : notre fer de lance est cette capacité à apporter ensemble plusieurs styles très différents et les assembler proprement. Par conséquent, je crois que ces contrastes extrêmes et une grande versatilité sont nos principales armes dans ce genre.

Y’a-t’il une forme de compétition parmi tous ces groupes et vous ?
Non, pas vraiment. Il y avait en partie une certaine compétition sur la deuxième tournée européenne au niveau des ventes de merchandising, nous ou Battlelore (rires) ! C’était à celui qui en vendait le plus ! Et je ne te dirais pas si qui (et si quelqu’un en particulier) a gagné (rires) car ce n’était pas vraiment sérieux tout ça… Parfois, je dois avouer, je sens comme si nous étions enviés par certaines personnes parce que, comme tu l’as dit ci-dessus, les choses sont arrivées parfois si vite pour nous alors que l’on commençait tout juste. Alors encore une fois, le groupe est né il y a huit ans et a travaillé dur ces six dernières années avant de signer un contrat. Nous n’avons donc pas été servi sur un plateau doré non plus d’un seul coup. Et tout peut toujours bien s’arrêter et partir en Enfer si nous gâchons les évènements ou si quelque chose de mal survenait, ce que je n’espère pas. Toutefois, je dois signaler que nous n’avons jamais ressenti d’envie ou de jalousie de la part de nos collègues à notre égard. Jamais. C’est plus le sentiment et l’attitude de certains observateurs qui n’apprécient pas notre genre, voilà tout.

Vous avez donc tourné en Amérique notamment à San Francisco, en Californie, pour votre premier album. Cette tournée intitulée « The Heathenfest America tour » a eu lieu en compagnie d’Eluveitie, Alestorm, Belphegor et Vreid. Est-ce vrai que le public américain là-bas reprenait vos chansons en chœur et que l’ambiance était folle ? C’est plutôt surprenant car vous êtes assez éloignés de leur culture américaine basée sur le baseball, Mc Do et la mode du metalcore en ce moment (rires)… ?
Non (rires) !!! Les métalleux américains ne pensent pas qu’au baseball et au Big Mac. Je sais que pour vous, les Français, cela peut apparaître surprenant mais ils ne sont pas tous ainsi (rires) ! J’ai d’ailleurs eu une conversation rafraîchissante avec une attirante jeune femme américaine après le dernier show de la tournée à propos des produits chimiques mauvais pour la santé utilisés dans les produits de soins cosmétiques modernes… Mince ! Il me vient à l’esprit que ce dernier concert avait lieu au Canada en fin de compte (rires) ! Oh eh bien, les Americains ne pensent quand même pas qu’aux hamburgers (rires). Et comme je disais plus haut, nous ne sommes pas vraiment que limités à ce folklore existant, au genre « heroïc fantasy », à la littérature, aux films, aux ordinateurs et aux jeux de rôles, notre musique est très globale et beaucoup plus profonde en fait. Je me rappelle que certains fans, en effet, connaissaient nos paroles et chantaient tout du long. Ceci est arrivé à plusieurs reprises mais le phénomène n’était pas, tu sais, si répandu que cela. On n’avait pas non plus un tout petit groupe mais un bon début de chœurs mélangés qui reprenaient nos chansons allègrement en face de nous, dans les premiers rangs. Oh, de toute manière, tu sais, c’est quelque chose dont un ami m’a dit un jour : « Il ne faut jamais faire confiance à une fée portant une hache », en l’occurrence moi (rires) !!


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KIVIMETSÄN DRUIDI – Betrayal, Justice, Revenge

Century Media / EMI



Myspace : http://www.myspace.com/kivimetsandruidi