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Interview de
HATEBREED

C'est dans le cadre de leur tournée hivernale en Europe aux côtés des tout-puissants MACHINE HEAD que nous avons rencontré backstage les Ricains de HATEBREED, juste avant de passer à table pour prendre quelques forces afin de mettre à feu et à sang le Zénith de Paris avec leur hardcore/metal destructeur et hyper fédérateur. Petit bilan juste avant de monter sur scène donc : album live, reprises, nouvel album studio éponyme, changement de 2ème guitariste, et autres petites questions au menu de ce tête-à-tête avec le sympathique batteur Matt Byrne, arrivé dans le groupe en 2000, et désormais habitué au micro de votre serviteur...

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[ENTRETIEN AVEC MATT BYRNE (BATTERIE) – PAR SEIGNEUR FRED – PHOTO : DR]


Comment te sens-tu Matt, juste avant de monter sur scène ce soir, ici au Zénith de Paris ? Comment te prépares-tu ? Tu as des habitudes, tu fais un peu de sport avant ou de relaxation… ?
Ouais, ça va. Et oui je fais un peu d’entraînement avant. Je me mets tout d’abord sur mon ordinateur, comme tu le vois ici en ce moment en coulisse, et j’écoute un peu de musique pour me mettre dans l’ambiance pour jouer. Et je m’entraîne ensuite, je descends, et je mets en condition sur ma nouvelle batterie là, avec mon technicien. On vérifie tout avec les gars, on s’échauffe durant le set de Bleeding Through qui assure donc la première partie sur cette tournée. On se met sur le côté de la scène, derrière car la scène est tellement large. On regarde le groupe, le spectacle tout en continuant à s’échauffer un peu. Voilà ce que je fais en général, en restant derrière jusqu’à ce qu’on y ailler (rires) !

Tu fais un peu de sport avant ou de relaxation… ?

Euh non pas vraiment (rires) ! Je fais quelques étirements, je me dégourdis juste un peu les jambes histoire d’éviter une crampe, voilà tout…

Lors de notre précédente interview au Hellfest 2007, je t’avais demandé ce que tu connaissais de la France et de la langue française car ta mère est professeur de français si je me souviens bien… ? Comment va-t-elle d’ailleurs ?
Eh bien, ça n’a pas vraiment changé à ce niveau-là car j’ai pas trop le temps. Et ma mère est en retraite à présent, depuis trois ans justement, et c’est vrai elle était prof de français, et je ne parle toujours pas bien français (rires)… Je parle d’avantage l’espagnol qui est définitivement la deuxième langue aux Etats-Unis. On apprend plus ça à l’école, et pas le français… D’ailleurs, ma mère était également professeur d’espagnol. Je pense que le français est plus dur à apprendre. Je ne peux donc pas te dire de mots en français pour tes lecteurs malheureusement (rires)… !

Te souviens-tu de votre concert donné justement à Clisson dans le cadre du festival Hellfest en 2007 ?
Euh oui, plus ou moins car on y a joué ensuite l’an dernier, en 2009 avec notamment Suicidal Tendencies. Je me souviens plus du concert de l’an dernier, il y avait d’ailleurs aussi Manowar et Dream Theater ainsi que Europe (rires). Mais en 2007, oui c’était bien même si la météo n’était pas favorable mais non on s’en fiche. Il y avait alors aussi Mastodon je m’en souviens.

Mastodon,  tu aimes bien ? Leur dernier album est excellent, plus progressif…
Oui, j’aime, c’est un groupe génial !

Durant ces dernières années, Hatebreed a été très productif, que ce soit en terme de sorties d’albums (un DVD/CD live, un albums de reprises, un nouvel album studio) que de concerts… Comment et où trouvez-vous le temps pour faire tout ça ?
Oui, c’est vrai. L’album de reprises, intitulé For The Lions, était déjà enregistré en fait. Nous l’avions fait avant Supremacy, notre avant-dernier album studio. C’était juste pour le plaisir, on avait un peu de temps et on a fait ça juste avant Supremacy donc, car on était en train d’écrire pour cet album, on jammait ensemble et on s’est dit, pour une fois que l’on  avait un peu de temps, si on enregistrait quelques reprises, et ça l’a fait en un ou deux enregistrements selon les morceaux. On a donc démarré ça dans le but de participer au départ à un album tribute avec des reprises. Et puis peu à peu on s’est dit et si on enregistrait celle-là aussi ! Chris en proposait une autre, et moi une autre, etc. ainsi de suite... Et au final on s’est retrouvé avec tout un tas de groupes qu’on voulait interpréter alors qu’au départ c’était juste comme ça, pour le plaisir, et tu sais, au final, on a une vingtaine de chansons. Et deux ans plus tard, on s’est dit que l’on pourrait sortir cela car beaucoup des groupes qu’on reprend, la plupart des gens de nos jours ne les ont peut-être jamais écoutés, alors c’était l’occasion. On s’est dit que c’était le bon moment de publier ça, comment on en est venu à ce que l’on est aujourd’hui, comment les groupes jouaient à l’époque. Ce sont tous des groupes incroyables, en métal ou en punk/hardcore. Ils font partie de nous, et de notre musique en général.

Et pourquoi For The Lions est-il sorti chez Century Media et non sur Roadrunner Records ?
Oh, c’était juste un deal à part, un contrat différent pour le DVD live et cet album. Aux USA, on a un deal avec notre label E1. Il y avait ça, et Live Dominance, ainsi que le matériel live qui figure sur le nouvel album en bonus. Et c’était donc le deal en licence avec Century Media tout simplement.

Un mot sur la reprise plutôt inattendue de Metallica qui y figure justement ? C’est pas la plus célèbre !
Oui, il s’agit de la chanson « Escape » tirée de leur album Ride The Lightning. C’est vrai, c’est pas la plus connue…

Et « It’s The Limit » des Cro-Mags que vous reprenez aussi, et c’est logique. Elle a été notamment reprise par un groupe de death metal néerlandais, Severe Torture. Les connais-tu et as-tu déjà entendu leur version ?
Non, je ne les connais pas. Ok, cool ! Faudra que j’écoute (rires).

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Etes-vous satisfait du DVD/CD Live Dominance paru donc en 2008 ?
Ouais, je pense que c’est un truc génial. On a réussi à capturer ce qu’est véritablement un concert de Hatebreed, tu sais. C’est vraiment ça : la foule, l’énergie. C’est très authentique comme show.

Y’a-t’il des overdubs (rires) ?

Oh il y a toujours des retouches plus ou moins après en studio lors du mixage mais il y en a très peu, c’est plus dans l’assemblage des plans où il y a pas mal de retouches afin que tout s’enchaîne bien entre l’image et le son. Il n’y a pas d’overdubs mais je pense que le tout sonne bien, c’est clair, propre, et bien sûr il y a un peu de Pro-tools de manière à faire un DVD de qualité. Cela fait partie du processus. Mais ça reste authentique.

Vous êtes très généreux avec vos fans car avec votre dernier album studio, Hatebreed, il y a de nouveau deux mini-concerts en bonus vidéo sur l’édition limitée. Quel est l’intérêt à cela ? Est-ce vraiment utile après avoir déjà sorti un live officiel ?
Oui, il y a en effet plusieurs chansons extraites de deux importants concerts : au Download Festival en 2009 et au Wacken Open Air Festival enregistré lui en 2008.

Qui a choisi les bonus : votre label ou vous-mêmes ?
Non, on a choisi nous-mêmes ces bonus, bien qu’on ait sorti un album live précédemment, c’est vrai. Cela faisait partie du contrat. Mais certains fans n’ont peut-être pas pu se le procurer d’ailleurs. Et sur le DVD Live Dominance reprenant la dernière tournée, il y avait encore Sean Martin dans le groupe à la seconde guitare pour les concerts, et entre temps il a quitté le groupe, or tout ce dont nous avions jusqu’à maintenant en archive live officielle était avec lui. On a donc gardé les récents concerts avec Wayne Lozinak de retour dans l’équipe et on a décidé de mettre ça en bonus live vidéo avec le nouvel album éponyme. Je pense que c’est une bonne chose.

Ok, et ce nouvel album, peut-on affirmer qu’il s’agit là de votre album studio le plus varié et aussi le plus mélodique dans votre discographie ?
Varié, ouais exactement !

Est-ce lié à l’influence de l’enregistrement du tribute album For The Lions ?
Exactement. On a commencé à écrire et composer le nouvel album, notamment pour le chant, ou plutôt les chants et les cris de Jamey, et les chœurs de la même manière pour laquelle on a enregistré l’album de reprises. Par exemple comme pour ce que l’on avait fait pour la reprise de Metallica dont on parlait tout à l’heure. On a touché à des points clés, et on ne fait pas que crier, un peu comme James Hetfield sur la chanson « Escape ».  Il ne crie pas tout du long, il chante aussi ! Donc on s’est dit, si on tournait autour de ça, en variant un peu les choses autour de cette idée pour montrer que l’on peut et sait faire autre chose. Pareil pour les solos de guitares dont on est plutôt avare en général (rires), on en faisait pas ou peu dans le passé. Nous avons essayé certaines choses sur des morceaux, comme la technique du « shredding » que certains grands groupes de métal font habituellement (NDLR : par exemple Slayer).

Le morceau « Undiminished » est un titre plutôt surprenant sur ce nouvel album éponyme, à deux niveaux : c’est un instrumental et il me fait fortement penser aux mélodies typiques du guitariste Greg Macintosh de Paradise Lost, groupe de death/doom métal gothic qui n’a rien à voir avec vous ?! (rires)
Ah ouais !! Vraiment ? On a plein de références dans nos influences tu sais, et je suis pas vraiment familier avec la musique de Paradise Lost. Mais il s’agit là plutôt d’une référence en partie consacrée à Metallica, comme sur leur titre « Orion » ou des trucs de ce genre. J’adore ce travail à la guitare, on est tous fans ! C’est directement une influence de Metallica.

Pourquoi travaillez-vous toujours avec Zeuss à la production sonore ? Pourquoi ne pas innover un jour ?
Peut-être qu’un jour on le fera. Zeuss représente tant pour nous, il a fait tellement de choses et a consacré beaucoup de temps avec nous. Il produit Madball et plein d’autres super groupes. Il sait ce que l’on veut, nous connaît bien à force avec toutes ces années. Il est parfait pour nous, on est content ainsi !

Quelques mots au sujet des autres groupes qui jouent à vos côtés ce soir au Zénith de Paris : All Shall Perish, Bleeding Through, et bien sûr Machine Head !
Oui, ce sont des amis pour la plupart. Par contre All Shall Perish n’est pas là ce soir, ils ont du annulé leur tournée européenne. Je ne sais pas pourquoi exactement (NDLR : on apprendra plus tard en discutant avec Machine Head que le guitariste principal venait de quitter le groupe d’où l’annulation). Ils ne jouent donc pas ce soir avec nous et ne sont pas remplacés. Il y a uniquement trois groupes, Hatebreed inclus. Quant à Bleeding Through, on se connaît depuis longtemps ! On a déjà joué ensemble. Et Machine Head, que puis-je dire ! On a déjà joué plein de fois avec eux, notamment sur des festivals européens (cf. Hellfest par exemple). Euh, c’est sympa d’être avec eux, on en est reconnaissant d’être à leurs côtés sur cette tournée. Ils donnent tout sur scène, on les voit jouer chaque soir, donc c’est cool ! C’est un super groupe, ils jouent de très bonnes chansons et on assiste à cela chaque soir. Pour nous, c’est une bonne tournée !

Est-ce que votre chanteur overbooké Jamey Jasta anime toujours l’émission Headbangers Ball sur MTV 2 ?
Non, il ne le fait plus. C’est fini.

Est-il toujours très pris entre son label, sa marque de vêtements, le groupe Hatebreed donc, ses projets parallèles comme Ice Pick et Kingdom Of Sorrow, etc. ?
Oui, il a toujours plein de nouveaux trucs à faire avec plein de gens (rires).

Et toi ? As-tu d’autre(s) projet(s) à côté ?
Non, j’essaie pas  d’avoir d’autre projet. J’ai pas forcément le temps Et je préfère me consacrer 100% de mon temps à mon travail dans Hatebreed.

Je sais que tu es fan  de Suicidal Tendencies et aussi d’Infectious Grooves. En fin d’année 2009, il y avait une tournée d’Infectious Grooves. Les as-tu croisés et vus en concert récemment et  les connais-tu personnellement ?
Oui, c’est vrai, j’ai vu ça. Je suis fan d’une partie de ce qu’ils ont fait. Mais non, je ne suis pas spécialement en contact avec ces derniers. En fait, je suis plus fan de Suicidal Tendencies et les connais un peu plus personnellement. Et ils vivent en Californie, moi je suis du côté de New York plutôt.  Mais c’est différent musicalement Infectious Grooves par rapport à nous. Jouer ensemble n’est pas forcément si évident.

Que souhaites-tu ajouter à propos du concert de ce soir à Paris et quel message veux-tu adresser à vos fans ?
Eh bien, tu sais, comme d’habitude, merci à vous d’acheter nos T-shirts au merchandising, d’acheter nos disques, de venir comme ce soir aux concerts, etc. C’est important de nous soutenir, et notamment ici en France et partout en Europe, c’est à chaque fois de plus en plus important. En festival, en tournée, on fait d’excellents concerts ici, c’est la folie, et devant différents publics. C’est de mieux en mieux et à bientôt !

Merci Matt !
Merci à toi Fred, c’est cool !

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HATEBREED – Hatebreed


Roadrunner Rec. / Warner Music



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